(01/08-2025) – En juin 2025, zohran mamdani, enflammé socialiste démocratique, remporte la primaire new-yorkaise avec un programme ultra‑radical: Loyers gelés, minimum à 30 $ de l’heure, bus gratuits… une démonstration que le socialisme est toujours un concept électoralement séduisant, mais immédiatement contesté dès qu’on parle de chiffres.

Le vrai socialisme? une legende urbaine

Ah, le socialisme… Ce doux rêve de paix, d’égalité et de petits oiseaux qui chantent dans une société sans classes, où chacun mettrait ses compétences au service du bien commun pendant que l’État veille sur nous comme une nounou bienveillante.

Une idée noble sur le papier, certes, sauf que dès qu’on la met en pratique, on se retrouve avec des goulags, des purges, des tickets de rationnement et des files d’attente pour du papier toilette.

Et pourtant, certains persistent à dire : « Ce n’était pas le vrai socialisme! »

Le fameux argument du « vrai » socialisme, c’est un peu comme croire que le Titanic n’aurait pas coulé si on avait utilisé des clous différents.

La grande illusion

Le « vrai » socialisme, nous dit-on, n’a jamais été essayé.

Ah bon ? Et l’URSS ? Non, voyons, c’était une dictature.

La Chine ? Pareil.

Cuba ? N’en parlons pas.

Le Venezuela ? Une manipulation de la CIA.

La RDA ? Encore un malentendu.

Il paraît qu’on n’a jamais eu droit au vrai socialisme, celui avec la justice, la liberté, la fraternité, les cookies gratuits et le bonheur pour tous.

En réalité, plus de 40 pays ont essayé d’appliquer le socialisme sous une forme ou une autre au XXe siècle.

Tous, sans exception, ont vu une chute dramatique de la liberté, une inefficacité économique chronique et un taux de mortalité parfois franchement impressionnant.

Mais bon, sûrement un hasard.

Encore un petit effort, camarade !

Socialisme égalitaire ou tyrannie collectiviste ?

Les théoriciens du socialisme (Marx, Engels, etc.) envisageaient une société sans classes, sans propriété privée, sans exploitation.

Formidable!

Sauf qu’à partir du moment où on veut mettre tout le monde sur un pied d’égalité parfaite, il faut bien commencer à niveler… Et on nivelle par le bas.

Tu es plus compétent? Tant pis.

Tu travailles plus? Pas important.

Tu veux innover? Mieux vaut te calmer, camarade, c’est suspect.

En URSS, les paysans qui réussissaient un peu trop bien (les koulaks) ont été tout simplement déportés. Il fallait bien une égalité.

Les chiffres de la joie

Allons-y gaiement avec quelques données. Parce que bon, la réalité est têtue.

URSS: Entre 1917 et 1953, on estime à environ 20 millions le nombre de morts causés par la répression politique, les famines organisées (comme celle d’Ukraine en 1932-1933) et les camps de travail forcé (Soljenitsyne, L’Archipel du Goulag).

Chine: Sous Mao, le « Grand bond en avant » (1958-1962) a fait entre 30 et 45 millions de morts de faim. Une performance remarquable, même pour un pays très peuplé.

Cambodge: Les Khmers rouges, sous Pol Pot (1975-1979), ont exterminé environ 25 % de la population en quatre ans. Une réussite égalitariste expéditive.

Venezuela: 98 % de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté (chiffres 2021), dans un pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole du monde. Mais ils ont des discours anti-impérialistes, donc tout va bien.

À chaque fois, ça dérape… par hasard

Le socialisme commence toujours avec des chants, des discours sur la justice sociale et les droits des travailleurs.

Puis, très vite: nationalisations, censure, partis uniques, répression.

C’est presque une recette. Mais, selon certains, ce ne serait pas la faute du socialisme, mais de « mauvaises personnes ».

Mais si la recette donne toujours la même bouillie rance, peut-être faut-il remettre en question la recette elle-même, non?

Les pays nordiques: socialisme réussi ?

On entend souvent : « La Suède ou le Danemark, ça c’est le vrai socialisme! »

Sauf que non (croyez-moi, j’y ai habité presque 20 ans!).

Ces pays ont des économies capitalistes avec un haut niveau de redistribution.

Ils ont un marché libre, de la concurrence, une fiscalité très lourde (certes), mais personne ne planifie l’économie à la soviétique.

Les entreprises sont privées, les banques aussi. C’est du capitalisme socialisé, pas du socialisme.

Et les gouvernements successifs le savent bien: chaque fois que les impôts ou la dépense publique dépassent un certain seuil, ils réforment.

Mais le capitalisme est injuste!

Certes. Il produit des inégalités, parfois choquantes. Il peut être dur, compétitif, stressant. Mais il a un avantage de taille: il laisse la liberté à chacun de créer, échouer, essayer, posséder, innover.

Et surtout: il n’a pas besoin d’un parti unique et de goulags pour fonctionner.

Dans le monde réel, la pauvreté a diminué plus au XXe siècle grâce à l’ouverture du commerce, à l’entrepreneuriat et à la croissance capitaliste qu’elle ne l’a jamais fait dans les rêves collectivistes.

L’argument de la définition fuyante

On en revient toujours à l’argument classique: « Ce n’était pas du vrai socialisme ».

Parfait, mais alors, c’est quoi ?

Si l’URSS, la Chine maoïste, Cuba, la RDA, la Corée du Nord, le Venezuela ne sont pas des exemples valables, alors à quoi sert cette idéologie?

Si aucune tentative historique ne compte, alors on nage dans le fantasme pur!

Une idéologie qui ne se juge qu’à l’aune de ce qu’elle pourrait être, et jamais de ce qu’elle produit, est une idéologie religieuse, pas politique.

Et les religions, en général, promettent le paradis pour plus tard, mais vous demandent d’obéir tout de suite.

Conclusion: un goûter qui finit toujours en intoxication alimentaire

Le socialisme, c’est comme un gâteau qui sent bon mais qui, à chaque fois qu’on le mange, donne la chiasse. Et on continue à dire : « Oui mais c’est parce que le four n’était pas assez chaud » ou « on n’avait pas la bonne recette ».

Peut-être que le problème, ce n’est pas la cuisson. C’est l’idée même de vouloir faire manger le même gâteau à tout le monde, par la force s’il le faut, en rêvant qu’un jour, il aura le goût du Nutella. (Cyril Malka)

Sources:

  • Robert Conquest, « The Great Terror » (1990)
  • Aleksandr Soljenitsyne, « L’Archipel du Goulag » (1973)
  • Frank Dikötter, « Mao’s Great Famine » (2010)
  • Anne Applebaum, « Gulag: A History » (2003)
  • Hannah Arendt, « Les origines du totalitarisme » (1951)
  • Angus Maddison Project, base de données sur la croissance économique
  • World Bank Data on Venezuela (2021)
  • Heritage Foundation, Index of Economic Freedom
  • Hayek, « La route de la servitude » (1944)
  • Reuters, « New York mayoral candidate Mamdani defends campaign despite Democratic unease » (2025-06-29)